logo_festival_350

spacer_accueil_50

LA CREATION

La création : un pari et un engagement

Les fondateurs du Festival de Musique de Chambre du Larzac ont choisi de soutenir et défendre la création musicale dès la deuxième édition en passant commande d’une œuvre de musique de chambre à un compositeur. En effet, en plus de la programmation d’œuvres du XXème siècle, ils tiennent à découvrir et faire découvrir les musiques d’aujourd’hui et provoquer la rencontre entre compositeur, interprètes et public. Lors des Rencontres musicales du Larzac, le compositeur invité travaille sa pièce avec les interprètes et la présente au public le jour de sa création. Une sensibilisation et un éveil à la création d’aujourd’hui tant pour les interprètes que pour le public. Pour cette année 2017, une commande à Othman Louati qui a choisi de mettre en musique des poèmes d’Yves Bonnefoy.

Fidèles à nos habitudes, l’édition ne manquera non plus à ses folles transcriptions: La valse de Ravel adaptée pour piano et marimba par Shizuyo Le Nestour, François Miquel qui s’attaque cette fois à une transcription pour ensemble de chambre des quatre derniers lieder de Strauss…

OTHMAN LOUATI

Né à Epinal en 1988, Othman Louati commence son apprentissage musical à Tourcoing par l’étude du piano et de la percussion. De nature curieuse et entreprenante, il se perfectionne au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans lequel il obtient les prix d’Analyse (classe de Claude Ledoux), d’Harmonie (classe de Fabien Waksman) et de Percussion (classe de Michel Cerutti) tout en étudiant actuellement avec Thierry Escaich ainsi que la direction d’orchestre avec Nicolas Brochot.

Ses activités de musicien l’amènent à jouer avec des ensembles prestigieux tels que l’Orchestre de Paris, l’Ensemble Intercontemporain, l’Orchestre de Radio-France, l’Orchestre National de France, l’Orchestre National de Lille, l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, l’Opéra de Rouen Haute-Normandie, l’Orchestre Lamoureux, l’Ensemble Le Balcon.

Il écrit sa première pièce d’envergure en 2015 dans le cadre du mélodrame La Frontière (production du CNSMDP de Paris) pour une voix et six instrumentistes. En 2016, son cycle de mélodies Now Close The Windows sur des poèmes de Robert Frost (commande de Fiona McGown pour le festival Jeunes Talents) ainsi que ses Interludes pour orchestre de chambre (commande de l’ensemble Le Balcon) ont été interprétés sur les scènes nationales de Compiègne et de Quimper, à l’auditorium du Petit Palais ainsi qu’au Festival de musique de chambre du Larzac.


Il achève actuellement un cycle de mélodie autour du recueil l’Été de Nuit d’Yves Bonnefoy ainsi qu’un trio pour le collectif Miroirs Étendus (création à l’Opéra de Lille). C’est sous l’égide de ce même collectif qu’il entame une importante collaboration avec l’artiste Jacques Perconte autour du mythe de Faust et de la Damnation d’Hector Berlioz (production prévue pour 2018).

La commande 2017: 

Pierres création d’Othman Louati
pour soprano, violoncelle, piano et percussions.

D’après le recueil Pierre Ecrite d’Yves Bonnefoy

Note d’intention:

C’est peu dire que le projet poétique d’Yves Bonnefoy constitue une révélation dans ma trajectoire de compositeur. Il me semble que sa modernité singulière, à rebours des grandes chapelles structuralistes de son temps, esquissent en moi le début d’un chemin que j’emprunte volontiers dans ma recherche de nouveaux paysages sonores.

Yves Bonnefoy n’a cessé de rappeler que la poésie est une expérience sensible qui se doit d’assumer une fonction ontologique : les mots, une fois dissociés de leurs gangues conceptuelles, deviennent les révélateur d’une “présence”; présence ou pleine conscience d’un monde que les concepts ont perdu et que seule la poésie peut exhumer. Ainsi les mots du poètes sont d’ab or d des sons et les phonèmes une matière sonore que la forme poétique met en résonance en deçà des jeux interprétatifs de la pensée : “ il nous arrive d’entendre un son en tant que son et rien d’autre, de percevoir un son qui alors n’est plus un signe mais lui aussi un fragment à nu de la substance du monde”
(Y. Bonnefoy – conférence du 17 novembre 2001).

En envisageant les mots comme des sons purs, la forme poétique est donc déjà chez Bonnefoy une musique qui met en mouvement les vocables en dehors des eaux de la signifiance. Le compositeur qui s’attacherait à mettre en musique cette poésie en ignorant ces considérations risque certainement de mettre en péril le projet d’Yves Bonnefoy. Mettre en musique des mots envisagés de prime abord comme des sons purs exige de réinventer des espaces de contraintes dans le travail liant la partition musicale et le poème. Il nous faut dépasser les habituels automatismes en la matière, figuralismes faciles et autres symbolismes musicaux en premier lieu, dont le répertoire de la mélodie et du lied est saturé. Plus que jamais, le compositeur se doit d’être à l’écoute des phonèmes afin d’épouser, harmoniser et dilater leur substance sonore. La musique, art de l’équivoque par excellence, se signifie elle-même, elle échappe fondamentalement aux concepts interprétatifs. Elle remplit le monde qu’elle met en résonance ; elle est déjà une présence qui le révèle. Dès lors, elle se présente comme un double poétique aux mots de Bonnefoy, une couche supplémentaire en deçà de la surface du monde.

Pierre écrite, comme la plupart des recueils d’Yves Bonnefoy, est hanté par la finitude. La mort émerge entre les lignes dont la portée eschatologique est indissociable : vérité immuable, elle est semblables aux pierres silencieuses et impénétrables, fragments immobiles d’un monde qui passe. Toutefois, en leur langueur poétique, les vers de Bonnefoy s’ouvrent à l’abandon face à notre propre condition d’être mortel : ils entrent alors dans l’éternité de l’instant et creusent au sein du plein des êtres.

Je suis moi-même hanté par notre finitude, mon amour pour Bonnefoy est profondément lié à ce leitmotiv partagé.

Je suis par ailleurs convaincu que la musique, qui ne peut exister au monde que l’espace de quelques instants, a le pouvoir d’arracher de ses griffes impénétrables la fragilité de l’être que nous conte Yves Bonnefoy. Oeuvres du deuil et de la résilience, mes propres Pierres Ecrites seront tout autant cris d’angoisse, résonance pleine et élans d’espérance. Un appel de l’après.

Qu’elles fassent corps avec cette autre terre de pierres pures qu’est le Larzac ne doit rien au hasard.

Othman Louati

Janvier 2017

Les œuvres commandées et crées au festival depuis 2005

« Faust » Création musicale de François Miquel sur le film Faust de Murnau, pour violon, clarinette, violoncelle, percussions et piano (2016). Cliquez-ici pour plus d’infos sur cette création.

« Kassandra » concert-conté, spectacle conçu et interprété par Guy-Loup Boisneau autour de la pièce Kassandra de Xenakis. (2016) Cliquez-ici pour plus d’infos sur cette création.

« Derrière la parole des tableaux d’une exposition » de Joël Merah, d’après Moussorgsky pour soprano, violon, clarinette, flûte,violoncelle et piano (2015) cliquez pour plus d’infos sur cette création

 Incarnation » de Jean-Marc Chouvel pour piano deux pianos ou piano à 4 mains (2014)

« Le cavalier bleu »  de Peïo Cabalette  pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, piano et percussions (2013)

« La bonne chanson, quatre extraits » d’André-Marc Delcourt pour baryton, alto, et piano à quatre mains (2012)

« Un futur insoupçonné »de Robert Pascal   pour quatuor avec piano (2011)

« Trois Epitaphes » d’après Fernando Pessoa de Joël Merah pour mezzo, baryton et ensemble instrumental (2010)  

« Flowerghost » de Frédéric Pattar pour mezzo, violon, alto, violoncelle et piano (2009)

« Sextet »  de Nicholas Bootiman pour sextuor à cordes (2008)

 « Traversée du vent et de la lumière» de Jean-Marc Chouvel pour voix, flûte, clarinette, quatuor à cordes et piano (2007)

« La ventana de quimeras »  de Luis Rizo-Salom pour quatuor avec piano (2006)

En 2014, pour les 10 ans du Festival, 4 compositeurs ont aimablement répondu à notre appel, et nous ont adressé leurs « cartes postales », miniatures musicales qui ont été créées au Festival et ont soufflé avec nous cette bougie.

« Dètz » d’André-Marc Delcourt,
pour quintette à vents, quintette à cordes et pianocarte precurseur

« En la soledad de una luz compartida » de Joël Merah
pour mezzo et quatuor avec piano

« Lili Marlen » revue par Peïo Cabalette
pour mezzo, et quatuor avec piano

« Concordance des Temps » de Robert Pascal
 pour quatuor avec piano 

spacer_bas_200

Translate »
Top